Le théâtre comme levier social

PRINTEMPS 2015 | Classé dans : CARTE DE MEMBRE | 0
De gauche à droite : Line Couturier, Claude-André Lavallée, Louise Duhaime, Colette Goyette, Richard Charron, Micheline Bouchard et Johanne Charron.
De gauche à droite : Line Couturier, Claude-André Lavallée, Louise Duhaime, Colette Goyette, Richard Charron, Micheline Bouchard et Johanne Charron.

Sylvie s’ennuie, seule dans son apparte­ment, elle trouve la vie plate et elle est ben tannée. Soudain, un choeur de voix se fait entendre : « ouvre tes rideaux pour faire entrer la lumière, sors et va prendre l’air ». Sylvie de répondre, excédée : « ben oui, ouvrir mes rideaux pour voir le mur de briques ! J’ai pas le goût de voir personne. Le monde est fatiguant, énervant, je veux la paix ! »

Malgré les gentilles attentions d’une voi­sine, Sylvie s’obstine : « Quessé que tu veux que je fasse? C’est toujours la même affaire ». Ses paroles résonnent aussitôt reprises par le choeur de voix. Mais bientôt, une nouvelle voisine, une artiste, s’installe à côté. Cette nouvelle amie impose un vent de changement et de fraîcheur aux résidents de l’immeuble. Elle fait des expositions, donne des cours de peinture. Les voix du choeur se sont transformées en personnages actifs qui participent aux activités sociales. Sylvie, peu à peu, sort de sa coquille…

Je crois en la théorie des petits pas. Plus de confiance et d’estime peuvent susciter des changements.
Danielle Beaulieu

La pièce intitulée « Une journée comme les autres »réunit sept apprentis comédiens. Née du projet de médiation culturelle imaginé par Lise Boulanger et Danielle Beaulieu, la troupe en est à sa deuxième année de travail théâtral. L’initiative a reçu dès le début un appui financier dans le cadre de l’entente de développement culturel entre la Ville, la MRC du Haut- Richelieu et le ministère de la Culture et des Communications.

« Cette année, nous avons créé de nouveaux scénarios, adaptés aux réalités des résidents des HLM, une clientèle que nous voulions rejoindre » explique Danielle. En utilisant le théâtre comme porte d’entrée, le projet jumelle les besoins du milieu communau­taire et les forces d’une pratique cultu­relle. Il touche des groupes de citoyens spontanément moins enclins à participer à la vie culturelle et à s’impliquer dans leur collectivité.

En testant la pièce devant public avant d’en poursuivre l’écriture, l’équipe a reçu des commentaires très positifs. « On nous a dit, j’ai déjà vécu cela ; je me suis reconnue ; moi aussi, je vis de l’isolement, ou encore : j’aimerais bien faire du théâtre », raconte Danielle ajoutant : « je crois en la théorie des petits pas. Plus de confiance et d’estime peuvent susciter des changements. On le voit à l’intérieur de notre troupe et le message de la pièce trouve déjà un écho auprès de son public. Ça motive vraiment à continuer ! »




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